Avec le rachat de Banco Sabadell, Amundi s’offre un tremplin sur le marché espagnol de la gestion d’actifs, à l’image des accords de distribution avec Unicredit en Italie et en Europe centrale suite au rachat de Pioneer. (© Sabadell)

Publié le 26/07/2020 à 16:14 – Mis à jour le 26/07/2020 à 16:14

Le groupe figure parmi les poids lourds mondiaux de la gestion d’actifs. À la veille d’une nouvelle consolidation, il y a un rôle à y jouer. Notre analyse complète et notre conseil boursier sur Amundi.

30 juin 2020 : pour Amundi, cette date marque une étape supplémentaire dans une ambitieuse stratégie de croissance, combinant développement interne et acquisitions. Fin juin, la société a finalisé le rachat de Sabadell Asset Management.

En reprenant pour 430 millions d’euros l’activité de gestion d’actifs de la cinquième banque privée espagnole, Amundi fait plus que rajouter 21 milliards d’euros d’encours gérés à un portefeuille global de 1.653 milliards d’euros à fin 2019. Même si l’opération reste loin du spectaculaire rachat de Pioneer en 2017, le leader européen – et numéro huit mondial – fait d’une pierre, deux coups.

Tout d’abord, l’opération est relutive pour ses résultats. Sous réserve de synergies de coûts rapidement dégagées, il paye environ 9 fois les bénéfices 2020 de sa cible, un niveau inférieur à ses propres ratios de valorisation. Comme pour ses autres acquisitions, il vise plus de 10% de retour sur investissement dans les trois ans.

Modèle partenarial

Ensuite et surtout, cette prise de contrôle conforte son modèle partenarial, sécurisé par des accords de distribution de long terme.

Avec Sabadell, il confirme sa capacité d’attraction dans une industrie de la gestion d’actifs appelée à une nouvelle phase de consolidation.

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Au cœur de la stratégie d’Amundi figurent deux piliers. La défense à tous crins de son efficacité opérationnelle lui permet de dégager les marges de manœuvre financière nécessaires au développement de nouvelles expertises – gestion passive, ETF, actifs réels et investissement responsable, autant de classes d’actifs mieux margées que l’obligataire ou le monétaire – et de conclure des accords de très long terme à l’international.

Décollage en Asie

À la clé, une spectaculaire émancipation de son marché historique. Ainsi, la France ne représente plus que 54% de ses actifs gérés – notamment pour les compagnies d’assurance de Crédit Agricole et Société Générale – contre 84% à sa création.

En dix ans, le portefeuille a été multiplié par 2,5 et le résultat net par 2,7, passant de 355 millions d’euros à 959 millions. Historiquement peu présent outre-Atlantique, Amundi pose aujourd’hui ses jalons en Asie en formant des sociétés conjointes avec des grandes banques en Corée, en Inde et bien sûr en Chine.

Déjà partenaire d’Agricultural Bank, elle vient de créer une coentreprise (55% et 45%) avec l’activité de gestion de fortune de Bank of China, la quatrième banque chinoise.

Fort rebond

Amundi a effacé le chaos boursier du printemps. L’action, à l’équilibre en 2020, a rebondi de 52% sur son point bas. Une réappréciation logique : la gestion d’actifs n’est pas soumise aux craintes propres aux banques sur le risque de crédit.

Mieux, la politique ultra-accommodante des banques centrales soutient les valorisations des actifs. Et donc les revenus.

Une variation de 10% des actions se traduit par un impact positif ou négatif de 80 à 85 millions sur les revenus. Et un point de pourcentage ôte ou rajoute 35 à 40 millions d’euros de commissions.

Croissance à prix raisonnable

Parier sur Amundi revient à faire le choix d’une valeur de croissance à prix raisonnable. Avec la contribution de Sabadell, le cap du milliard d’euros de résultat net reste à portée de main. L’absence de dividende est provisoire.

Amundi s’est engagé par le passé sur un taux de distribution d’au moins 65% de son bénéfice net. Et son ratio de solvabilité désormais à plus de 20% lui offre beaucoup de latitude. En cas de retour prochain du coupon, le rendement sera supérieur à 4%.